Le poing s’est mollement ouvert, la rose, flétrie, est à terre, le Parti
Socialiste est dans le coma.
D’abandons et de dérives idéologiques calamiteux en compromissions
scandaleuses, de compromis boiteux en motions de synthèse foireuses, les oripeaux du socialisme
français sont en lambeaux.
Incapable de
définir et de tenir une ligne claire en matière de politique étrangère et de lutte contre le
sous-développement, il croit pouvoir masquer la vacuité de sa « doctrine
» (sic) par une simple diatribe parlementaire contre la venue et le séjour en France de
Kadhafi.
Sans initiatives vigoureuses et déterminées face à des décisions iniques d’un
gouvernement aggravant les charges des plus défavorisés, se refusant à taxer les super bénéfices
pétroliers générés par une spéculation effrénée et à mettre un terme à la scandaleuse escalade des
salaires et des stock-options des grands chefs d’entreprise ; se limitant à des discours lénifiants
et moralisateurs devant les atteintes de plus en plus graves aux libertés publiques et la
répression ignoble exercée à l’égard des plus démunis par la très chrétienne Christine Boutin, le
Parti Socialiste a perdu « son âme ».
Il n’est plus aujourd’hui
qu’un champ de bataille avant d’être un champ de ruines. A peine une double défaite électorale
subie, les luttes et les ambitions s’exacerbent de plus fort pour le contrôle du parti, et à terme
pour la candidature à la présidentielle de 2012.
Parallèlement, les caciques du parti, et
d’abord le premier d’entre eux, n’en finissent pas de piétiner ses propres règles et de renier ses
propres principes, passés à la trappe.
Réclamant hypocritement un référendum national sur
le traité de Lisbonne, la direction du parti impose, dans la foulée, sa position aux militants par
une simple décision de son bureau politique. Ayant prôné dans son « programme
» (resic) la suppression du cumul des mandats, celui-ci se maintient de plus belle, et, par
voie de conséquence, la concentration des pouvoirs au sein du parti. En réalité, il n’y a pas de
freins aux petites comme aux grandes ambitions.
Nous dénions donc
formellement le caractère démocratique du fonctionnement de ce parti
Nous avons
déjà dit et redit qu’une partie du PS n’échapperait pas, plus sans doute par stratégie que par
conviction politique, à la tentation centriste, comme si une telle alliance était susceptible de
revivifier ou de refonder la pensée et l’action socialistes au sein d’un magma idéologique
indéfinissable. Nous espérons et nous avons la conviction que nous serons nombreux à refuser cette
trahison de nos valeurs.
Aujourd’hui, alors que se préparent les élections municipales,
les mêmes pratiques de clan et les mêmes approximations politiques se reproduisent au niveau local,
la préoccupation essentielle étant la préservation des situations dominantes et la distribution des
récompenses aux « fidèles », l’une n’allant pas sans
l’autre.
Trop, c’est trop. Le Parti Socialiste est en état de mort
cérébrale, et bientôt les militants, ou du moins certains d’entre eux, se trouveront placés devant
l’alternative qu’évoquait jadis un ministre de Mitterrand : « Démissionner ou
fermer leur gueule » ! Ce second volet de l’alternative n’est pas susceptible de nous
convenir.